Hannah
Gaffe, Dan. Ça enivre d’être raccord avec la Vie et de partir en surf. La vague file à 200 à l’heure, on fait corps avec elle de tous les pores de sa peau et on finit par penser que cette vitesse grisante est la nôtre et qu’on maîtrise. Qu’il suffit de vouloir pour que le flux de l’existence se plie à notre fantaisie. Gaffe, Dan, gaffe : une faute de carre et c’est la fracasse.

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Michel a treize ans et fait partie des 90%, c’est ce qu’on dit les médecins. Des 90% capables de vaincre le boss final : le C-A-N-C-E-R. Parce que Michel est malade, depuis treize ans, c’est ce que répète Isa à tous ceux qu’elle croise. Isa, c’est sa mère. A première vue, elle paraît hystérique et vulgaire. Mais au fond, c’est une femme qui s’est fait beaucoup trop avoir par les hommes, elle essaye de gérer ça à sa façon. A leurs côtés se trouve Hannah, douze ans et télépathe. C’est elle qui a expliqué à Michel que la vie était un jeu vidéo et que le cancer n’était que le boss final. C’est elle aussi qui a ramené Daniel, le voisin du dessous. Daniel est un scientifique, bonne pâte et un peu looser. Le jour où il accepte de conduire Michel et Hannah à l’hôpital, il n’est pas conscient que sa vie est sur le point de basculer. Car Daniel s’attache à Michel, ce petit bout d’homme friand de sucreries.


La couverture de Toute la vie annonce le contenu : un récit frais et optimiste.
Les premières pages sont déstabilisantes : nous sommes déjà au cœur de l’action, les points de vue et narrateurs changent sans cesse, et le titre de la première partie se nomme « La mayonnaise ». Mais on se laisse prendre dans l’histoire de cette famille hors norme qui semble un peu dépassée par les évènements. Les personnages sont attachants, et la personnalité vive et piquante d’Hannah est particulièrement rafraîchissante. Le récit est très dynamique grâce aux changements de points de vue. Ces derniers apportent une vraie valeur ajoutée à l’histoire. Il n’y a pas de répétitions, l’histoire continue, il fallait juste que CE personnage s’exprime au bon moment.

Dès le départ, le lecteur sait pertinemment comment le récit va se terminer. C’est un contrat fixé dès la première page entre l’auteur et le lecteur par l’intermédiaire des bonus stage. Les bonus stage ouvrent chacune des quatre parties, Michel reprend alors pleinement la parole pour aiguiller le lecteur dans son récit. Car Michel a décidé de raconter sa famille à travers sa maladie. Ici le cancer n’est qu’un prétexte pour conter une histoire d’amour et de tendresse. Ce positionnement permet d’échapper aux stéréotypes des parents/enfants-courage, à la mièvrerie et à l’apitoiement.
Toute la vie pourrait se résumer à une leçon de vie : Profitez ! Profitez de la vie et du moment présent ! Carpe diem ?

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Titre : Toute la vie
Auteur : Jérôme Bourgine
Editeur : Sarbacane (octobre 2011)
Collection : Exprim’
Prix : 15 €
Format : semi-poche – 272 pages
ISBN : 978-2-84865-480-5
  1. SophieLJ dit :

    En effet, ce livre est une leçon de vie et une belle je trouve.