Les 17, 18 et 19 juin s’est tenu la sixième édition du Hellfest à Clisson. Rêvant d’y aller depuis deux ans, j’ai sauté le pas cette année, ma tente et mon duvet sous le bras. Défendant corps et âme le festival face aux accusations douteuses de certains politiciens et autres personnalités, je n’y suis cependant pas allée sans quelques appréhensions : Est-ce que ça va me plaire ? Vais-je rentrer avec des bleus et plaies inexplicables ? L’hygiène sera-t-elle au rendez-vous ? Blablabla.

Et bien à peine rentrée à Paris le lundi suivant, un immense coup de blues s’est emparé de moi. Ces trois jours ont été exceptionnels, et je n’ai qu’une envie : y retourner !





Arrivée à 3h du matin le vendredi, j’ai été étonnée de l’ambiance bon enfant que j’y ai trouvé. Quand certains s’installaient tranquillement dans le camping déjà bien rempli, d’autres buvaient quelques bières en écoutant la musique du Metal Corner. Pas de personnes bourrées sur le bord du chemin à gueuler des insanités, juste des bandes de jeunes et de moins jeunes discutant de musique, de la programmation du festival et d’autres choses.
J’ai eu l’impression de mettre les pieds dans une communauté, et pour moi le festival Hellfest s’apparente à un petit village temporaire. On y (re)trouve des amis, la vie s’organise autour de rites café-douche-concerts, il y a un market (merchandising, tatoueurs et stands de librairies notamment celui de L’Art en Bulles), un coin pique-nique, des stands de nourriture et des toilettes partout (yihaa). Ici, pas de jugement sur ton style vestimentaire : t-shirts noirs et vestes à clous, corsets et mini-jupes, jeans et polos, pantalons moulants dorés et t-shirts léopards, déguisements incongrus… Tu es libre de t’habiller comme tu le souhaites sans croiser de regards méprisants. Tu te sens LIBRE. Et c’est peut-être ça qui m’a le plus marqué pendant ces trois jours, cette sensation de liberté, de pouvoir décider de rester, de partir, d’aller voir ailleurs sans scrupules, de découvrir, d’aimer, de participer à la folie ambiante… Se sentir libre et se sentir bien.

Programmation Hellfest 2011

Trêve de digressions, passons à la programmation éclectique de cette sixième édition. Sur 118 groupes, j’en connaissais 12. Le Hellfest a donc été l’occasion de découvrir plein de groupes, d’entendre et de voir des papis du metal, de confirmer ce que je n’aimais pas du tout, d’être surprise de nombreuses fois et d’avoir mal aux cervicales.
Il y avait quatre scènes : la Main Stage 1 et la Main Stage 2, consacrées essentiellement aux « grands » groupes, la Rock Hard Tent et la Terrorizer Tent.

Vendredi 17 juin

Krisiun : belle découverte, performance pas mal.

The Exploited : concert franchement pas dégueulasse, j’ai eu l’impression de retrouver mon moi du lycée.

Vader : j’ai trouvé le groupe et le concert hyper chiant, je suis restée sous le chapiteau pour ne pas être sous la pluie…

Iggy and The Stooges : malgré son grand âge, Iggy Pop a toujours la pêche. La fosse était déchaînée notamment sur I Wanna Be Your Dog, en « récompense » nous avons eu droit aux fesses d’Iggy (je peux mourir tranquille maintenant).

Rob Zombie : ma principale motivation pour venir au Hellfest. Très bon show, même si on aurait pu s’attendre à quelque chose de plus impressionnant et que Rob manquait de voix. Je me suis couchée satisfaite.





Samedi 18 juin

Hail of bullets : une bonne découverte et un bon concert.

Municipal Waste : découverte aussi, et une bonne !

Skyforger : très bon !

Septic Flesh : du bonheur.

Kreator : pas mal, mais pas trop mon genre.

Terror : pas mal, mais sans plus.

Scorpions : vu un bout, pas trop mal.

Converge : excellent ! Très bon moment et très bon concert.

Bad Brains : un groupe qui sent le vieux, les dix minutes que j’y ai passé m’ont semblé si longues…

Triptykon : pas mal, mais vingt minutes étaient suffisantes.

Coroner : très bon !

Converge - Hellfest 2011

Dimanche 19 juin

Arkona : ou comment souffrir pendant ¾ d’heure en s’étant bêtement trompée de scène (« C’est bizarre, ça ressemble pas à du The Ocean… »). Mes gènes de blondes qui ressortent…

Orphaned Land : bonne découverte, bonne performance.

Black Dahlia Murder : bonne découverte également.

Judas Priest : vu un bout, pas mal.

Electric Wizard : une bien belle découverte, à creuser…

Ozzy Osbourne : Ozzy est proche de la retraite et ça se sent. La voix ne suit pas et c’est bien dommage. Heureusement qu’il y a des musiciens derrière.

Electric Wizard - Hellfest 2011


Lorsque les non-initiés entendent le mot « metal », ils pensent tout de suite à musique forte-chanteurs qui crient-style musical pour mecs bourrins. Or la programmation du Hellfest est tout autre, ici il y en a pour tous les goûts : punk, hard rock, heavy, doom, death, etc. de quoi trouver son bonheur !

Le festival n’a pas non plus manqué de rendre hommage à des grands hommes du metal comme Peter Steele (Fallout, Carnivore, Type O Negative), mais aussi à Patrick Roy, seul homme politique à avoir défendu le Hellfest à l’Assemblée Nationale après le concert de Scorpions. Au rythme de For Those About To Rock, We Salute You d’AC/DC, les photos des festivaliers avec le député socialiste (Hellfest 2010) défilaient et les feux d’artifice illuminaient le ciel. Emus, de nombreux metalleux scandaient son nom.

Hommage

Malgré les 75 000 festivaliers (90 000 avec les bénévoles), l’hygiène était au rendez-vous, et pour un festival ce n’est pas rien. Je me rappelle encore les toilettes inutilisables de la Fête de l’Humanité, débordant d’excréments. Au Hellfest, les toilettes sont nombreux et nettoyés tous les jours, il y a des douches et des points d’eau (6 euros le pass douche pour toute la durée du festival), les verres sont payants ce qui permet de limiter les détritus (une fois le verre acheté, on le garde toute la durée du festival, il est lavé à chaque achat de boisson), les bénévoles distribuent des sacs poubelles pour les déchets et le recyclage, pour cinquante capsules de bière un jeton boisson est offert, etc. J’ai été étonnée de voir un festival aussi bien organisé et relativement propre par rapport à d’autres qui existent depuis des années. Les organisateurs et les bénévoles ont donc fait un travail remarquable, et les metalleux sont plutôt respectueux, contrairement à ce que peuvent penser certaines personnes.

Par ailleurs, il y a au Hellfest une ambiance formidable. Malgré un festival complet, il n’y a jamais eu de débordements. On y croise des metalleux de tous horizons (j’ai entendu beaucoup d’espagnol pendant ces trois jours), des clissonnais (qui peuvent rentrer gratuitement), et même des enfants ! Si on me demandait de qualifier en trois mots le Hellfest, ce serait : convivial, respectueux et magique. Pendant un week-end, j’étais dans une dimension parallèle où mes seules préoccupations étaient : « Alors qu’est ce qu’il y a comme concert aujourd’hui ? » et « Bon on va voir quel groupe maintenant ? ». Le retour à la réalité était particulièrement brutal, je n’ai maintenant qu’une seule envie : être à juillet 2012 ! \m/

Vous pouvez regarder les concerts du Hellfest sur le site d’Arte : http://liveweb.arte.tv/fr/festival/Hellfest/

Si vous voulez voir le reste du reportage de All the rage TV, c’est ici :
Partie 1 : http://www.youtube.com/watch?v=KT-XS3-6wKo&feature=related
Partie 3 : http://www.youtube.com/watch?v=RUSidm0LoHs&feature=relmfu

Et pour rigoler un peu le reportage du Petit journal :
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3351-c-le-petit-journal.html?vid=481977sc_cmpid=FBSharePlayer

___________
Crédit photo : Insane Motion – Live Photography
Photos trouvées sur hellfest.fr

  1. paulyne dit :

    très bonne review !!