50e siècle, Manhattan. Halo Jones est une jeune fille ordinaire qui vit dans l’Anneau, une sorte de guetto où misère, chômage et ennui sont un lot quotidien. Un futur sans avenir s’offre à elle dans ce monde mortifère régit par un gouvernement belliqueux. Les armes circulent en libre service, les policiers sont d’anciens criminels, les émeutes sont monnaie courante, une guerre spatiale se prépare… Le fait même d’aller faire quelques courses est un challenge, un véritable parcours du combattant ! Halo rêve pourtant d’aventures et de voyages interstellaires. C’est à la mort d’une de ses amies qu’elle décide de quitter l’Anneau et se lance à corps perdu dans une succession de jobs d’appoint qui l’emmèneront à découvrir de multiples planètes mais aussi la cruauté profonde de l’être humain.




La ballade de Halo Jones est l’une des premières œuvres majeures d’Alan Moore, auteur mondialement connu pour notamment Watchmen, From Hell, V for Vendetta…. Elle a été publiée entre 1984 et 1986 dans l’hebdomadaire britannique 2000 AD, spécialisé dans la bande dessinée de science-fiction comme Judge Dredd. Désirant attirer un public plus féminin, le journal décide de publier les aventures extraordinaires d’une fille ordinaire : Halo Jones est née, avec comme pères Alan Moore et Ian Gibson.
Initialement prévue en neuf tomes, la série fut arrêtée au troisième tome en raison d’un différent avec l’éditeur. En France, seul le premier tome avait été publié par Zenda en 1990. Bonne mise en bouche, elle avait tout de même de quoi frustrer les lecteurs français. Vingt-et-un ans après, les Editions Soleil réparent cette erreur en éditant une somptueuse intégrale dans leur collection US Comics sous le label « Les trésors d’Alan Moore ».

Dès les premières pages de La ballade de Halo Jones, on loue le talent d’Alan Moore. Il est, à mon sens, un des rares auteurs à pouvoir inventer des mondes et univers complètement dingues mais parfaitement crédibles. Le scénario, un peu difficile pour le néophyte à cause de certains termes techniques propres à la science-fiction, tient la route et permet de faire évoluer de manière significative les personnages. Au fil de ses aventures, Halo Jones devient plus mature, plus complexe, plus forte en un sens mais tout autant vulnérable face aux démons sociétaux (solitude, aliénation, cruauté intrinsèque à l’espèce humaine). Parallèlement, le scénario aussi prend en consistance, devient plus « intense » comme en témoigne une fin magistrale. Si le début du récit développe les traits d’humour et une ambiance plutôt légère, La ballade de Halo Jones évoque aussi la mort et la solitude. Alan Moore en fait presque une œuvre intime par sa manière très personnelle d’aborder ces sujets.
Si le dessin de Ian Gibson paraît de prime abord assez daté et pas toujours très lisible, on s’y habitue assez vite et prend plaisir à chercher les moindres détails dans les décors. Appuyant parfaitement le récit de Moore, le trait de Gibson construit un puissant univers tout en rondeurs, fouillé et crédible. Saluons également les très belles planches de la seconde moitié de l’ouvrage : Ian Gibson s’éclate, et le lecteur aussi.

La ballade de Halo Jones est une œuvre méconnue d’Alan Moore, et pourtant c’est un récit puissant, émouvant, barré, intelligent… Il faudrait presque inventer un terme pour le qualifier. Les Editions Soleil ont saisi la subtilité d’Halo Jones et proposent une très belle édition de l’œuvre : 190 pages, couverture cartonnée, objet soigné, couvertures bonus à la fin… Mon seul regret ? Le manque de rigueur au niveau de la correction et les multiples coquilles qui parsèment les centaines de pages de l’album.

Envie de voir les premières pages de La ballade de Halo Jones ? C’est par ici.

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Titre : La ballade de Halo Jones
Scénariste : Alan Moore
Dessinateur : Ian Gibson
Editeur : Soleil (juillet 2011)
Collection : Soleil US Comics – Les trésors d’Alan Moore
Prix : 25 €
Format : 209 x 261 – 190 pages
ISBN : 978-2302017535


Article publié initialement sur www.mythologica.net

« Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation. »
Ernest Hemingway
p.9, ouverture de la première partie.

Mesdames et messieurs, veuillez accueillir Jiminy Waterson, L’Homme au Ventre Magique !
Jiminy Waterson ressemble à un garçon comme les autres. Sa particularité ? Il est capable d’avaler n’importe quoi : déchets, terre, eau de javel, pétrole, ciment… Don ou malédiction, tout dépend du point de vue.
Après une enfance marquée par le sceau de la différence, Jiminy tente la grande aventure avec son ami Alex. Partis sur les routes, les deux jeunes hommes entament une série de « spectacles » : Jiminy en tant que magicien avec son « ventre magique », Alex en tant que manager.
Parallèlement, un complot politico-nucléaire se prépare. Politiciens véreux et ex-employés laissés pour compte sont les ingrédients principaux d’une équation explosive dont l’inconnue se révèle être deux barils de déchets radioactifs.

Malchance, coup du sort, destin ? Qu’importe ; du sort de Jiminy dépendra celui des autres.

« – Merci. Je m’appelle Leia.
- Comme la princesse. Moi c’est Jiminy.
- Comme le criquet. Enchantée. »

p. 132

L’enfant nucléaire est un ouvrage un peu étrange par son sujet, son traitement, sa narration, etc. Pure fiction, chronique sociale, roman engagé… ? C’est un livre qui ne supporte pas une étiquette, il est hybride.

Il se lit tout d’abord comme n’importe quel roman. Le lecteur découvre – amusé, dégouté ou les deux – le surprenant don de Jiminy et l’accompagne sur la route. Sans parler d’identification, Jiminy est un personnage attachant, non pas grâce à son don mais grâce à son humanité. Le sujet de la différence se sent dès les premières pages, mais Daph Nobody a l’intelligence de ne pas en faire son fil rouge. Si elle est présente en filigrane tout au long du récit, elle ne supplante en aucun cas l’intrigue du récit ni sert d’excuse à un plaidoyer sans fin. Elle fait partie d’un tout, d’une réalité, et renforce presque le texte. C’est comme si l’auteur avait pris un instantané de notre réalité et avait décidé de se l’approprier. Il crée un nouveau monde, à la fois lointain et très proche du nôtre.
L’enfant nucléaire se rapproche en ce sens d’une uchronie avec le fameux « et si… », et Daph Nobody en joue d’une manière subtile. C’est ainsi que le lecteur découvre un reflet de sa propre société et de ses maux : mise à l’écart des différences, corruption morale et politique, société de consommation à outrance, mépris de l’environnement, déchéance de l’espèce humaine. C’est avec leur présence que le personnage de Jiminy prend toute son ampleur et son humanité. Ici il n’est pas question de morale ou de critique acerbe de la société, mais plutôt d’une forme d’espoir : Jiminy reste le personnage le plus humain malgré son don.
Le point fort de ce livre est sa capacité à générer des questions sur ce qui nous entoure, et dans le meilleur des cas à repenser nos comportements. Et pour cause, Daph Nobody a mis pas moins de quatorze ans à écrire et remanier L’enfant nucléaire. Une question de timing. L’actualité brûlante des années 2000 au sujet des questions environnementales et des affaires de corruption politique donne le matériau nécessaire à l’histoire de Jiminy ; en 2011 son aventure extraordinaire peut véritablement commencer !

L’enfant nucléaire est typiquement le genre d’ouvrages que l’on attend de la collection Exprim’. Prenant, percutant, réfléchi. Il constitue une bonne lecture à la fois sur le plan du divertissement, mais aussi intellectuellement.
Cependant il ne faut pas oublier que c’est un roman qui s’adresse aux jeunes adultes. Il comporte quelques passages difficiles (l’humanité n’est pas toujours belle à voir) qui pourraient gêner les plus jeunes. Si la lecture est aussi une question de maturité, par précaution je conseillerais L’enfant nucléaire aux plus de quinze ans.


Le petit plus de L’enfant nucléaire ? Les scènes supprimées du roman en bonus à la fin du livre !


« Les livres que le monde appelle immoraux sont ceux qui lui montrent sa propre ignominie. »
Oscar Wilde
p.6

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D’autres chroniques sur L’enfant nucléaire : Romans entre deux mondes, Batifolire.

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Titre : L’enfant nucléaire
Auteur : Daph Nobody
Editeur : Sarbacane (mars 2012)
Collection : Exprim’
Prix : 18 €
Format : semi-poche – 464 pages
ISBN : 978-2-84865-514-7

Star Wars est une licence mondialement connue. Tout le monde connaît Dark Vador et sa célèbre phrase « Luke, I’m your father », les Stormtroopers sont presque devenus les personnages favoris des cosplayers, et les produits dérivés se trouvent à foison.
Mais connaissez-vous vraiment Star Wars ? Petit point avec cette infographie à l’occasion du lendemain du Star Wars Day.

May the fourth be with you !



Infographie trouvée ici.

#MayThe4thBeWithYou




Au sein de la forêt, une silhouette endormie. A côté d’elle quatre poupées de chiffons – Diogène, Epictète, Esope et Socrate. C’est Eco. La petite fille rêveuse a laissé place à une jeune femme déterminée. Bien décidée à rompre la malédiction, responsable de sa métamorphose, Eco est à la recherche de la Princesse des Nuages. Cependant le chemin est rude et la forêt est peuplée de créatures plus ou moins étranges, comme la Bête sans visage. Accompagnée de ses quatre amis de tissus, Eco n’a pas encore conscience de ce qui l’attend, mais elle découvrira très vite que grandir, souffrir et rire sont presque synonymes.





Après l’amorce de sa métamorphose à la fin du tome 1, on retrouve Eco plus déterminée que jamais à y mettre fin. Son errance, ses rencontres, ses choix… c’est une belle comparaison de la vie que nous fait Guillaume Bianco. En faisant grandir son personnage, il lui donne aussi plus de caractère, il la pousse plus loin, tente des expériences et mine de rien donne une véritable consistance à Eco. Elle n’est plus cette enfant passive et peureuse, renfermée sur elle-même. Elle s’affirme de plus en plus et doit faire face à des choix difficiles. Mais c’est aussi la vie, c’est ce qu’on appelle grandir.


Après avoir abordé l’enfance avec La malédiction des Shackelbott, Guillaume Bianco se penche sur le passage à l’âge adulte dans ce deuxième opus. Il le fait avec subtilité, entremêlant citations et narration de contes. Eco est un ouvrage incroyablement poétique grâce au talent du scénariste, mais aussi grâce au trait du dessinateur, Jérémie Almanza. Chaque page ressemble à un tableau, à un instant en suspens d’un monde merveilleux que l’on s’amuse à découvrir à chaque nouvelle lecture. Jérémie Almanza met du cœur dans ses illustrations, et donne l’impression qu’Eco a été écrite pour lui, juste pour qu’il nous fasse rêver.
Les lecteurs ont du attendre un peu plus longtemps que prévu pour le tome 2, mais lorsqu’on regarde le résultat une seule chose vient à l’esprit est que ça valait le coup d’attendre. Après avoir tourné la dernière page de La bête sans visage, la curiosité reprend le dessus. Que va-t-il arriver à Eco ? Quelles nouvelles épreuves l’attendent derrière la porte du château ? Qui est la mystérieuse Princesse des Nuages ?
Il ne reste alors plus qu’à attendre le troisième opus qui clora ce triptyque initiateur en abordant le thème de la vieillesse.

Eco s’inscrit dans la traditionnelle voie du conte de fées, à côté des contes de Grimm et d’Andersen. C’est un petit bijou, dur et délicat à la fois, un de ces contes qui aident à grandir.

Vous pouvez lire les six premières planches de l’album sur le site des Editions Soleil.

La bande-annonce de Eco 2 :

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Titre : Eco, tome 2 – La bête sans visage
Scénariste : Guillaume Bianco
Dessinateur : Jérémie Almanza
Editeur : Soleil (novembre 2011)
Collection : Métamorphose
Prix : 14,95 €
Format : 257 x 187 – 80 pages
ISBN : 9782302015654


Article publié initialement sur www.mythologica.net



Eco est une enfant solitaire. Fille délaissée de grands couturiers, elle a du mal à trouver sa place dans la grande demeure familiale et trompe son ennui dans les livres et les chutes de tissus. Un jour, son père l’investit d’une mission : livrer trois magnifiques poupées au Ministre. La traversée vers la ville s’amorce jusqu’à croiser la route d’une mendiante, ou de la princesse des nuages selon Eco, qui bousculera à jamais son existence.






Eco est un appel au rêve, à l’imaginaire. Les pages résonnent, s’accordent et portent une douce mélodie, celle d’Eco.
Guillaume Bianco nous livre de façon douce-amère le portrait d’une petite fille qui grandit. Il réussit à nous envelopper dans un cocon, grâce notamment au dessin de Jérémie Almanza, pour nous conter l’enfance, l’innocence et la magie des rêves.

Quant à Jérémie Almanza, il s’est totalement approprié les mots de Guillaume Bianco et en a fait un somptueux univers onirique. L’image a une grande place dans Eco, comme si l’histoire se racontait une nouvelle fois dans l’illustration. Et c’est le cas.
C’est un livre qui donne l’impression que le texte a presque été conçu pour soutenir les superbes aquarelles, et non le contraire comme c’est souvent le cas dans les livres illustrés. Je ne m’attarderai pas plus longtemps sur la beauté du dessin de Jérémie Almanza, je vous laisse en tomber amoureux…
J’aimerais plutôt vous inviter à découvrir ses illustrations. Regardez attentivement ses planches, scrutez les détails comme de multiples indices, évadez-vous au milieu des couleurs douces et chatoyantes, mais surtout amusez-vous !
Retrouvez un peu la magie de l’enfance, car grandir arrive toujours trop vite.

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Titre : Eco, tome 1 La malédiction des Shackelbott
Scénariste : Guillaume Bianco
Dessinateur : Jérémie Almanza
Editeur : Soleil (octobre 2009)
Collection : Métamorphose
Prix : 14,95 €
Format : 257 x 188 – 72 pages
ISBN : 9782302005662


Article publié initialement sur www.mythologica.net



Louise Gaucher travaille dans un service de réanimation. Dès qu’elle le peut, elle s’assoupit auprès de ses malades plongés dans le coma. Elle a le don de voyager dans le « monde des rêves » où les patients choisissent entre la vie et la mort.
Simon Larcher est flic. Il ne boit plus, ne baise plus et ne joue à rien. Il voudrait juste nettoyer le monde de son horreur et de sa tristesse.
Une nuit de janvier, un enfant de la DDASS disparu est retrouvé dans le parc du Chais, propriété de la puissante et riche famille de Louise…



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Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un roman avec un véritable univers. Bien souvent l’auteur donnait les grandes lignes, quelques descriptions alambiquées, et l’affaire était dans le sac. Dans Narcogenèse, on dépasse la simple description. Anne Fakhouri crée une atmosphère. Elle prend le temps d’installer les éléments nécessaires à la plongée du lecteur, et ce dernier se laisse tout doucement glisser dans le domaine du Chais. Narcogenèse est un roman avec lequel il faut prendre son temps, que ce soit du côté de l’écrivain et du côté du lecteur. Ce n’est pas un roman où l’action rythme chaque page, mais cela permet de développer assez finement la psychologie des personnages, chose devenue plutôt rare dans mes dernières lectures.
Outre l’atmosphère « coconale » offerte par Anne Fakhouri, la place accordée aux peurs enfantines m’a particulièrement plu. Sans dévoiler trop d’éléments de l’intrigue, le personnage du marchand de sable est bien exploité jouant sur les zones obscures des contes et légendes. Un homme ayant autant de pouvoir sur notre sommeil ne serait-il pas dangereux ? Jusqu’où pourrait-il jouer avec les dormeurs ? Où commencerait la folie ?

Anne Fakhouri nous livre donc une histoire originale arrosée de fantastique avec des personnages intéressants et un style d’écriture très plaisant à lire.

Narcogenèse est un livre qui se savoure. Abandonnez donc l’idée de le dévorer dans le métro. Prenez plutôt une couette moelleuse et un chocolat chaud. Et si vous avez de la chance, peut-être qu’un petit vent d’hiver viendra souffler à votre fenêtre. A moins que ce ne soit le marchand de sable…

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Titre : Narcogenèse
Auteur : Anne Fakhouri
Illustrateur : Xavier Collette
Editeur : L’Atalante (mars 2011)
Collection : La Dentelle du cygne
Prix : 18 €
Format : semi-poche – 320 pages
ISBN : 9782841725373


Article publié initialement sur www.mythologica.net

Passionnés des Simpson, vous êtes déjà demandé pour quelles raisons Bart était encore et toujours collé en classe dans le générique ? Le site Cabletv.com a compilé 288 phrases que Bart a eu à rédiger durant les vingt dernières années des Simpson.

Enjoy !

Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de Nouvelles de la BD. Faute de temps, mais sûrement pas faute d’informations, le monde de l’édition bouge énormément en ce moment surtout le milieu de la bande dessinée. Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain topic, pour le moment concentrons-nous cinq minutes sur l’évènement du moment : le Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) d’Angoulême.

Cette année, le FIBD se déroulera du 26 au 29 janvier et sera présidé par Art Spiegelman, le papa de Maus. Ce festival est un des plus vieux – si ce n’est le plus vieux (il est né en 1974) – festival de BD, c’est LE rendez-vous incontournable pour les passionnés de bandes dessinées.
C’est l’occasion de rencontrer ses auteurs favoris, d’avoir une vision presque globale de la production en faisant un tour dans Le monde des bulles, Le nouveau monde et l’Espace Mangasie, assister à des rencontres, découvrir de nouveaux artistes grâce aux expositions…
Le FIBD, c’est aussi une récompense pour certains auteurs. Je vous invite à jeter un œil aux albums nominés pour la compétition officielle. Un jour, je m’arrêterais une heure ou deux pour vous parler de toutes ces belles BD, mais je profite de cet article pour vous suggérer mes coups de cœur : Portugal de Cyril Pedrosa (Dupuis), Atar Gull de Nury et Bruno (Dargaud), Les ignorants de Davodeau (Futuropolis), Lîle au cent mille morts de Fabien Vehlmann et Jason (Glénat), Tu mourras moins bête de Marion Montaigne (Ankama), Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle (Delcourt), Beauté T.1 de Hubert et des Kerascoët (Dupuis).

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Parmi les nouvelles liées au festival, on sait que Kana ne sera pas présent, tout comme Dupuis. En effet, l’éditeur souhaite réfléchir à une nouvelle manière de se déplacer sur les festivals avec comme problématique principale : être présent sur les festivals pour apporter quelque chose aux lecteurs,et non pas être présent pour être présent. Le mot d’ordre est donc pour 2012 « une pause et on se pose ».
Comme le rappelait Olivier Perrard, le directeur général, à Sud Ouest « Nous ne faisons pas partie des éditions fondatrices d’Angoulême. Notre production n’a jamais été ressentie comme un must à Angoulême. Le festival, dans ses gènes, dans sa sélection ou ses prix, est éloigné de notre ligne éditoriale qui reste très grand public. On comprend la nécessité pour le FIBD de tenir sa propre ligne éditoriale. Mais le problème, c’est que l’on se sent trop en décalage par rapport au festival. Et puis, venir à Angoulême coûte cher, en temps comme en argent. ».
Peut-être que 2013 changera la donne avec les 75 ans du célèbre groom Spirou. Affaire à suivre…

Sources : bd-sanctuary.com et actualitte.com

Par ailleurs, Manolosanctis fera également partie des absents avec une annonce la veille du festival : la maison d’édition est en liquidation judiciaire et en attente de repreneur. Cette nouvelle bouleverse tout le plan de communication qui était prévu avec notamment la venue des auteurs au FIBD. On connaissait les difficultés de Manolosanctis, mais c’est un coup dur pour le monde de la BD.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Manolosanctis.

Et pour les amateurs de dédicaces, voici quelques liens vers des plannings d’éditeurs : Panini, Delcourt, Emmanuel Proust, Ankama, Dargaud, Le Lombard, Casterman, Glénat, Sarbacane.

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Je vous invite également à lire l’article que Hororo a réalisé sur le festival pour lafilledurock.com.

Sur ce je vous embrasse, je vais boire des coups à Angoulême !

Cast’n'Geek S01E02 SOPA Opéra

Posted: 22nd janvier 2012 by Al_Drac in Cast'n'Geek
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Bonjour à tous!

Le 2ème épisode de Cast’n'Geek est enfin disponible. Nash, Pixel, Zapan et AlDrac vous parlent aujourd’hui de:

SOPA – PIPA

Free mobile

Skyrim

Pomf et Thud

a écouter ici:




Podcast Powered By Podbean
« Ah, une dernière chose : ne me jugez pas trop vite, frères humains qui après nous vivez… Je me fiche de vos larmes; ce que nous allons faire est carrément génial, jouissif. Un vrai trip, rien à regretter.
D’ailleurs, quand vous aurez ce journal en main, je serai déjà morte. »

Épitaphe

Nous sommes à Paris en 2015. La capitale est scindée en deux : la Ville Haute ou VH, abritant les riches quartiers résidentiels et une population aisée, et la Ville Basse ou VB où la drogue, la violence et la pauvreté sont monnaie courante. Clara, 16 ans, vit dans la Ville Haute.
Cependant tout n’est pas rose pour une F.F.O. (Fille Frappée d’Opprobre), surtout née in vitro grâce à un logiciel de procréation. En effet, le clan des populaires a mis un point d’honneur à pourrir la vie des F.F.O. avec un bizutage quotidien. Heureusement, Clara peut toujours rejoindre le Vengeur Toxique en se connectant sur le Vortex Urbain ou son amie Karin pour se vider la tête.
Mais sa vie de lycéenne prend un nouveau tournant lorsque Karin, pourtant issue de la Ville Basse, commence à se rapprocher du clan des populaires ; et la rencontre de Marvin, jeune homme capable de tuer avec des mots, ne va pas arranger la situation…

Le « journal infirme » de Clara Muller porte bien son nom, tout a été pensé dans ce sens : le style (écriture sur le vif, coups de cœur, coups de gueule, poèmes, langage parfois cru propre aux ados…), la mise en page et la typographie (dessins, écriture stylisée, etc.), les références culturelles (cinéma, séries télé, musique…) qui ancrent parfaitement l’histoire dans notre époque, etc. Le nouveau roman de Karim Madani est un véritable objet graphique – je me suis beaucoup amusée à parcourir les pages et à retrouver des bribes de mon adolescence – et un roman urbain de qualité pour adolescents. Le rythme est soutenu et les évènements s’enchaînent avec fluidité. On ressent parfaitement la crise existentielle que traverse Clara avec toutes les problématiques liées à son âge (scolarité, premiers amours, regard des autres…) tout en ayant ce côté un peu cyberpunk et dystopique (suprématie des technologies, disparités sociales, drogues et violence presque banalisées, corruption des hommes politiques…) surprenant au premier abord mais pas du tout désagréable.

« C’était votre humble informateur, Court-Circuit.com, en direct des latrines bouchées et puantes de la civilisation post-industrielle ! Et n’oubliez pas : vous êtes en enfer ! »
p.55

Alors bien sûr en lectrice exigeante et trop curieuse, j’aurai aimé en savoir plus sur le Vengeur Toxique, sur Marvin, sur les capacités des enfants nés in vitro et sur toutes les choses fascinantes que l’on aurait pu faire grâce au Vortex Urbain. Mais pour cela, il aurait fallu plus de 240 pages et s’éloigner de l’histoire principale. Or Clara nous informe dès le début que c’est SON histoire et que c’est elle qui choisira SA fin. Nous sommes spectateurs, nous ne pouvons rien pour Clara. A part découvrir qui elle est vraiment…

Le « journal infirme » de Clara Muller est un roman avec lequel on prend son pied. On a à nouveau 16 ans, l’avenir devant nous et une âme d’aventurier. Tout n’est pas rose, mais on a suffisamment de force pour affronter le monde entier. Ce journal est une dose d’adrénaline, et même si la fin est inévitable, elle valait le coup.

« Cdt Aspi : Le poisson rouge nous appelle ? Merde, c’est fascinant. Je ne devrais pas dire ça, mais c’est fascinant. Ce qu’on fait ces gamines… »
p.269

Alors, prêt à rencontrer Clara ?

***

Vous pouvez découvrir les premières pages du roman ici.

D’autres chroniques sur Le « journal infirme » de Clara Muller : Déborah Mirabel, Romans entre deux mondes, Littérature jeunesse, Batifolire.

Le site des Editions Sarbacane
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Titre : Le « journal infirme » de Clara Muller
Auteur : Karim Madani
Editeur : Sarbacane (janvier 2012)
Collection : Exprim’
Prix : 15 €
Format : semi-poche – 240 pages
ISBN : 978-2-84865-494-2

A partir de 15 ans.