Initialement prévue en neuf tomes, la série fut arrêtée au troisième tome en raison d’un différent avec l’éditeur. En France, seul le premier tome avait été publié par Zenda en 1990. Bonne mise en bouche, elle avait tout de même de quoi frustrer les lecteurs français. Vingt-et-un ans après, les Editions Soleil réparent cette erreur en éditant une somptueuse intégrale dans leur collection US Comics sous le label « Les trésors d’Alan Moore ».
Dès les premières pages de La ballade de Halo Jones, on loue le talent d’Alan Moore. Il est, à mon sens, un des rares auteurs à pouvoir inventer des mondes et univers complètement dingues mais parfaitement crédibles. Le scénario, un peu difficile pour le néophyte à cause de certains termes techniques propres à la science-fiction, tient la route et permet de faire évoluer de manière significative les personnages. Au fil de ses aventures, Halo Jones devient plus mature, plus complexe, plus forte en un sens mais tout autant vulnérable face aux démons sociétaux (solitude, aliénation, cruauté intrinsèque à l’espèce humaine). Parallèlement, le scénario aussi prend en consistance, devient plus « intense » comme en témoigne une fin magistrale. Si le début du récit développe les traits d’humour et une ambiance plutôt légère, La ballade de Halo Jones évoque aussi la mort et la solitude. Alan Moore en fait presque une œuvre intime par sa manière très personnelle d’aborder ces sujets.
Si le dessin de Ian Gibson paraît de prime abord assez daté et pas toujours très lisible, on s’y habitue assez vite et prend plaisir à chercher les moindres détails dans les décors. Appuyant parfaitement le récit de Moore, le trait de Gibson construit un puissant univers tout en rondeurs, fouillé et crédible. Saluons également les très belles planches de la seconde moitié de l’ouvrage : Ian Gibson s’éclate, et le lecteur aussi.
La ballade de Halo Jones est une œuvre méconnue d’Alan Moore, et pourtant c’est un récit puissant, émouvant, barré, intelligent… Il faudrait presque inventer un terme pour le qualifier. Les Editions Soleil ont saisi la subtilité d’Halo Jones et proposent une très belle édition de l’œuvre : 190 pages, couverture cartonnée, objet soigné, couvertures bonus à la fin… Mon seul regret ? Le manque de rigueur au niveau de la correction et les multiples coquilles qui parsèment les centaines de pages de l’album.
Envie de voir les premières pages de La ballade de Halo Jones ? C’est par ici.
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Scénariste : Alan Moore
Dessinateur : Ian Gibson
Editeur : Soleil (juillet 2011)
Collection : Soleil US Comics – Les trésors d’Alan Moore
Prix : 25 €
Format : 209 x 261 – 190 pages
ISBN : 978-2302017535
Article publié initialement sur www.mythologica.net












