Visite guidée d’un manoir en cube

Posted: 11th février 2013 by Al_Drac in Jeux vidéos

Comme vous le savez peut-être, je suis un grand fan de Minecraft. En découvrant ce jeu il y a près de 2 ans maintenant, j’ai retrouvé le plaisir que j’avais à jouer aux Lego. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Minecraft est un jeu dans lequel chaque bloc qui compose le paysage est récupérable, transportable, transformable et repositionnable. A partir de bûches prises sur des arbres, vous créez un mur ou des planches qui vous permettront par la suite de créer des escaliers en bois, des bâtons, etc. Sans scénario ni but précis, vous fixez vous-même vos objectifs (exploration, minage de ressources, construction…) et tentez de les accomplir.

Assez facilement modifiable et customisable, le jeu a laissé la possibilité à certains de créer des map aventure, des mondes dans lesquels le joueur suit des objectifs fixés par le créateur de la map. Un de mes amis m’a proposé de relever le défi de l’une d’entre elles, et a ensuite posté la vidéo sur Youtube. Si vous voulez vous faire une idée de ce à quoi peut ressembler une map aventure sur Minecraft, je vous invite à regarder la playlist ci-dessous :

Ce n’est un secret pour personne : Antoine Dole est l’un de mes auteurs favoris. Sa plume me parle, me transporte, agit comme une catharsis et à la fois une torture. Antoine Dole me touche, si bien qu’à chaque fois j’ai besoin de quelques minutes pour me remettre de ma lecture, quelques instants pour digérer les mots, les flashs et ses histoires passionnées.

Avec A copier 100 fois, Antoine Dole s’écarte du registre Exprim’ pour les Mini-romans Sarbacane. Ce changement de collection ne l’empêche pas pour autant d’aborder un sujet dit « sensible » : l’homosexualité, encore « pire », aux prémices de l’adolescence. Sujet d’actualité, sujet touchy… sujet citoyen (on n’est pas ici pour faire de la politique, mais je vous invite à manifester le 27 janvier à Paris en faveur du mariage pour tous, l’égalité n’a pas d’orientation sexuelle).
Pour faire court, Antoine Dole tape, encore une fois, juste avec ce petit roman de 56 pages qui se lit d’une traite, parfois le ventre noué et les yeux brillants.

« Mais on s’y fait Sarah, à ce monde qui cogne et qui heurte, c’est celui dont on avait peur la nuit quand on était petits. Quand ma mère me disait que les monstres n’existaient pas, que fallait pas avoir peur, c’était pas vrai Sarah. Ces monstres-là, ils existent, moi j’en ai rencontré. On s’y fait et c’est le pire, on s’habitue à tout. »
p.21

Mais rentrons dans le vif du sujet. A copier 100 fois, de quoi ça parle ?
D’un jeune garçon de 13 ans, brutalisé à l’école à cause de son homosexualité. Vincent et sa bande prennent un malin plaisir à lui rappeler tous les jours qu’il est différent, qu’il n’est pas NORMAL. Douce normalité. Difficile de répondre aux coups lorsqu’on n’est pas bien costaud face à une bande de brutes. Heureusement, il y a Sarah. Sarah, elle ose leur tenir tête, et elle est en quelque sorte la bouffée d’air frais, le rayon de soleil de notre héros. Il n’y a qu’avec elle qu’il peut être lui-même. Ne parlons pas de la maison où les ecchymoses cohabitent avec le regard lourd et le silence du père. Etre différent jusque dans sa propre maison…
L’écriture vive d’Antoine Dole donne toute la consistance à ce jeune homme qui n’arrive pas à trouver sa place. Dès les premières lignes, le lecteur plonge la tête la première dans le quotidien de notre héros. Narrateur de l’histoire, il expose sans fioriture les difficultés et la souffrance que peut ressentir un être humain, et encore plus un être en pleine construction identitaire.

« A quoi ça sert tout ça ? Papa m’a dit cent fois d’être un homme, et d’agir comme un homme. Oui mais papa, lequel ? Je veux pas être comme Vincent, n’être fait que de bruits, de cris et de colère. Pourquoi tu m’apprends pas les mots, plutôt ? Les mots qui soulagent, les mots qui apaisent, je voudrais avoir les mots qui soignent, ceux qui ne laissent pas seul. »
p.25

Vif, succinct, prenant. Brutal aussi. A copier sans 100 fois ne laissera pas indifférent ; et tant mieux. On n’aurait pas pu trouver mieux comme lecture aujourd’hui, à l’heure où l’homosexualité est au cœur des débats. Quelque soit son opinion sur le mariage pour tous, l’adoption ou la PMA, il serait intéressant pour tous de lire ce court récit, se mettre à la place de quelqu’un qui le vit « de l’intérieur ». Depuis que le mariage pour tous fait les choux gras des médias et des conversations, les études montrent que les homosexuels se sentent de plus en plus stigmatisés et vulnérables face à la violence ambiante. Il serait alors peut-être temps de se poser un peu, et réfléchir de manière intelligente à la situation. Nous ne sommes pas des animaux, pourquoi nous comportons-nous de manière si peu civilisée ? Craignons-nous encore tant que ça la différence ? Mais qu’est-ce que la norme ?
Et si on oubliait simplement toutes ces questions pour penser aux êtres humains qui subissent toute cette bêtise intolérante ? Civitas devrait lire A copier 100 fois. Ces hommes et ces femmes qui s’insurgent et se permettent de juger l’orientation sexuelle des autres devraient lire A copier 100 fois. Ceux qui s’en moquent aussi. A copier 100 fois devrait être disponible dans les écoles pour sensibiliser la jeune génération et dire aux jeunes incompris « tu n’es pas seul, tiens bon ! ».

« Papa m’a dit une fois, une seule, ces mots que je n’oublierai pas. Les seuls mots qui comptent. Les seuls mots qui rendent fort. »
p.56

Merci Antoine pour ce texte encore une fois magnifique. Merci d’avoir du courage, merci de mettre des mots sur la souffrance de tant de personnes. Merci de nous toucher en plein cœur. Par contre, la prochaine fois, prévois la vente couplée avec un paquet de mouchoirs et un paquet de Pépito ! ;)
Merci.

Mention spéciale pour la couverture : jolie, attractive et métaphoriquement bien trouvée.

Un grand bravo à l’équipe Sarbacane et à Tibo Bérard !

Découvrez les premières pages de A copier 100 fois de Antoine Dole sur la page Exprim’.

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Si vous voulez en savoir plus sur le mariage pour tous, c’est par ici :
- La pétition à signer si on est favorable au mariage pour tous.
- Pour en savoir plus sur la manifestation du 27 janvier.
- J’ai parlé avec les anti-mariage gay dimanche à Paris. Ils sont très sympas et disposent d’argument tout pourris.
- Les photos de la fantastique Chloé Vollmer-Lo lors de la manifestation pour légalité des droits le 16 décembre dernier.
- Les supers notes d’auteurs de bandes dessinées qui expliquent tout bien comme il faut : Wandrille – ici et là, et Silver.
- La nature n’est du côté de personne.
- On parle beaucoup des enfants dans cette histoire, mais qui s’en soucie vraiment ?
- Ils ne sont pas homophobes, comme ils disent.
- Mariage gay ou mariage mixte, les anti ont recours aux mêmes arguments.
- Le mariage pour tous à l’Assemblée Nationale avec plein de vidéos sur la chaîne Youtube, et des témoignages d’enfants d’homosexuels (il y a trois vidéos, cf. la chaîne Youtube).
- Élisabeth Badinter dit « oui » au mariage pour tous.
- Virginie Despentes répond à Lionel Jospin et aux anti-mariage pour tous.
- Christiane Taubira ovationnée à l’Assemblée Nationale.
- La parole à Xavier Couture, directeur général de France Télécom/Orange.
- Parole à une sociologue.
- « Père et mère », code civil, référendum… les contre-vérités sur le mariage homosexuel.
- Et à l’étranger, on nous voit comment ? Témoignage d’un prof et interrogations de jeunes.


Le site d’Antoine Dole
La page fan d’Antoine Dole
Le site des Editions Sarbacane
Les Editions Sarbacane sur Facebook
La collection Exprim’ sur Facebook

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Titre : A copier 100 fois
Auteur : Antoine Dole
Editeur : Sarbacane (janvier 2013)
Collection : Mini-romans
Prix : 6 €
Format : 110 x 175 mm – 64 pages
ISBN : 978-2-84865-501-7

A partir de 12-14 ans (en fonction de la maturité du lecteur).

Bonne année 2013 !

Posted: 26th janvier 2013 by Pixel in Vie du blog
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Il est encore temps pour souhaiter la bonne année alors…

Strip’n'geek vous souhaite une très belle année 2013,
et on espère qu’elle sera remplie de jolies surprises !

Oui oui, je sais. J’ai dit qu’on faisait une pause estivale. MAIS en ce moment se déroule la Comic-Con à San Diego (12-15 juillet 2012) et je dois absolument vous faire partager la super vidéo d’Agressive Comix qui nous propose un guide afin de bien se préparer pour la Comic-Con. Enjoy !

Pause estivale

Posted: 9th juillet 2012 by Pixel in Vie du blog

Amis lecteurs, Al Drac et moi-même tenions à nous excuser pour la mise en stand by temporaire du blog. Il n’est pas très actif depuis quelques mois et nous le regrettons. Fin d’études rime avec mémoire de mon côté, et Al Drac est très occupé avec son métier de libraire BD.
D’ailleurs, si vous habitez en région parisienne ou passez sur Paris, n’hésitez pas à venir faire un tour à la librairie Apo(k)lyps (120 rue Legendre 75017 Paris) où le chevelu travaille. Il vous conseillera plein de comics qui valent le coup ou vous racontera la dernière blague de Greg Capullo. Apo(k)lyps est également présente sur Facebook et Twitter, suivez-la et vous serez au courant de toute l’actualité de la librairie – les arrivages, les dédicaces (Brendan Leach, Tom Lyle, Singelin, Klaus Janson…), les dernières news, etc.

Le manque de temps nous fait donc cruellement défaut, et pourtant il y a tellement de choses que nous aimerions vous raconter : ma première édition des Imaginales, les quatre jours merveilleux passés au Hellfest, mais aussi la soirée de folie passée au festival Hey ! O let’s go organisé par la revue Hey !, ou encore les belles rencontres faites à la Japan Expo. Tout cela viendra, promis. On se donne jusqu’à la rentrée pour finir de boucler tous les projets en cours, et on se remet au blog !
On sera hyper à la bourre, mais on vous parlera – entre autres – de The Dark Knight Rises et de The Hobbit qu’on attend avec impatience. On reprendra Les nouvelles de la BD avec la création de L’apocalypse et la reprise de la licence DC par Urban Comics.
Je vous présenterai quelques projets qui ont l’air fantastique comme La grande odalisque de Bastien Vivès, Ruppert & Mulot, Texas Cowboy de Lewis Trondheim et Matthieu Bonhomme, mais aussi du grand retour de Buffy chez Milady (l’adolescente qui est en moi crie de joie).
Al Drac, quant à lui, pourra vous dire un mot sur Diablo III et sur sa nouvelle acquisition (indice : il collectionne les consoles portables). On reprendra également peut-être le podcast avec sûrement un nouveau chroniqueur : Zapan, développeur ascendant geek.

Bref, la rentrée s’annonce chargée, mais avec le retour en force de notre duo de choc. N’hésitez pas à rejoindre la page fan que nous avons créé sur Facebook il y a quelques mois :
https://www.facebook.com/pages/StripnGeek/351536738208921
En attendant septembre, vous pouvez toujours vous plonger dans les 20 bandes dessinées indispensables de l’été selon ACBD.

On vous embrasse et à bientôt !

Pixel et Al Drac

Vous avez toujours voulu dessiner R2D2, mais sans vraiment savoir comment s’y prendre ? Ne cherchez plus, on a trouvé le tutoriel !

Tutoriel trouvé ici.

50e siècle, Manhattan. Halo Jones est une jeune fille ordinaire qui vit dans l’Anneau, une sorte de guetto où misère, chômage et ennui sont un lot quotidien. Un futur sans avenir s’offre à elle dans ce monde mortifère régit par un gouvernement belliqueux. Les armes circulent en libre service, les policiers sont d’anciens criminels, les émeutes sont monnaie courante, une guerre spatiale se prépare… Le fait même d’aller faire quelques courses est un challenge, un véritable parcours du combattant ! Halo rêve pourtant d’aventures et de voyages interstellaires. C’est à la mort d’une de ses amies qu’elle décide de quitter l’Anneau et se lance à corps perdu dans une succession de jobs d’appoint qui l’emmèneront à découvrir de multiples planètes mais aussi la cruauté profonde de l’être humain.




La ballade de Halo Jones est l’une des premières œuvres majeures d’Alan Moore, auteur mondialement connu pour notamment Watchmen, From Hell, V for Vendetta…. Elle a été publiée entre 1984 et 1986 dans l’hebdomadaire britannique 2000 AD, spécialisé dans la bande dessinée de science-fiction comme Judge Dredd. Désirant attirer un public plus féminin, le journal décide de publier les aventures extraordinaires d’une fille ordinaire : Halo Jones est née, avec comme pères Alan Moore et Ian Gibson.
Initialement prévue en neuf tomes, la série fut arrêtée au troisième tome en raison d’un différent avec l’éditeur. En France, seul le premier tome avait été publié par Zenda en 1990. Bonne mise en bouche, elle avait tout de même de quoi frustrer les lecteurs français. Vingt-et-un ans après, les Editions Soleil réparent cette erreur en éditant une somptueuse intégrale dans leur collection US Comics sous le label « Les trésors d’Alan Moore ».

Dès les premières pages de La ballade de Halo Jones, on loue le talent d’Alan Moore. Il est, à mon sens, un des rares auteurs à pouvoir inventer des mondes et univers complètement dingues mais parfaitement crédibles. Le scénario, un peu difficile pour le néophyte à cause de certains termes techniques propres à la science-fiction, tient la route et permet de faire évoluer de manière significative les personnages. Au fil de ses aventures, Halo Jones devient plus mature, plus complexe, plus forte en un sens mais tout autant vulnérable face aux démons sociétaux (solitude, aliénation, cruauté intrinsèque à l’espèce humaine). Parallèlement, le scénario aussi prend en consistance, devient plus « intense » comme en témoigne une fin magistrale. Si le début du récit développe les traits d’humour et une ambiance plutôt légère, La ballade de Halo Jones évoque aussi la mort et la solitude. Alan Moore en fait presque une œuvre intime par sa manière très personnelle d’aborder ces sujets.
Si le dessin de Ian Gibson paraît de prime abord assez daté et pas toujours très lisible, on s’y habitue assez vite et prend plaisir à chercher les moindres détails dans les décors. Appuyant parfaitement le récit de Moore, le trait de Gibson construit un puissant univers tout en rondeurs, fouillé et crédible. Saluons également les très belles planches de la seconde moitié de l’ouvrage : Ian Gibson s’éclate, et le lecteur aussi.

La ballade de Halo Jones est une œuvre méconnue d’Alan Moore, et pourtant c’est un récit puissant, émouvant, barré, intelligent… Il faudrait presque inventer un terme pour le qualifier. Les Editions Soleil ont saisi la subtilité d’Halo Jones et proposent une très belle édition de l’œuvre : 190 pages, couverture cartonnée, objet soigné, couvertures bonus à la fin… Mon seul regret ? Le manque de rigueur au niveau de la correction et les multiples coquilles qui parsèment les centaines de pages de l’album.

Envie de voir les premières pages de La ballade de Halo Jones ? C’est par ici.

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Titre : La ballade de Halo Jones
Scénariste : Alan Moore
Dessinateur : Ian Gibson
Editeur : Soleil (juillet 2011)
Collection : Soleil US Comics – Les trésors d’Alan Moore
Prix : 25 €
Format : 209 x 261 – 190 pages
ISBN : 978-2302017535


Article publié initialement sur www.mythologica.net

« Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation. »
Ernest Hemingway
p.9, ouverture de la première partie.

Mesdames et messieurs, veuillez accueillir Jiminy Waterson, L’Homme au Ventre Magique !
Jiminy Waterson ressemble à un garçon comme les autres. Sa particularité ? Il est capable d’avaler n’importe quoi : déchets, terre, eau de javel, pétrole, ciment… Don ou malédiction, tout dépend du point de vue.
Après une enfance marquée par le sceau de la différence, Jiminy tente la grande aventure avec son ami Alex. Partis sur les routes, les deux jeunes hommes entament une série de « spectacles » : Jiminy en tant que magicien avec son « ventre magique », Alex en tant que manager.
Parallèlement, un complot politico-nucléaire se prépare. Politiciens véreux et ex-employés laissés pour compte sont les ingrédients principaux d’une équation explosive dont l’inconnue se révèle être deux barils de déchets radioactifs.

Malchance, coup du sort, destin ? Qu’importe ; du sort de Jiminy dépendra celui des autres.

« – Merci. Je m’appelle Leia.
- Comme la princesse. Moi c’est Jiminy.
- Comme le criquet. Enchantée. »

p. 132

L’enfant nucléaire est un ouvrage un peu étrange par son sujet, son traitement, sa narration, etc. Pure fiction, chronique sociale, roman engagé… ? C’est un livre qui ne supporte pas une étiquette, il est hybride.

Il se lit tout d’abord comme n’importe quel roman. Le lecteur découvre – amusé, dégouté ou les deux – le surprenant don de Jiminy et l’accompagne sur la route. Sans parler d’identification, Jiminy est un personnage attachant, non pas grâce à son don mais grâce à son humanité. Le sujet de la différence se sent dès les premières pages, mais Daph Nobody a l’intelligence de ne pas en faire son fil rouge. Si elle est présente en filigrane tout au long du récit, elle ne supplante en aucun cas l’intrigue du récit ni sert d’excuse à un plaidoyer sans fin. Elle fait partie d’un tout, d’une réalité, et renforce presque le texte. C’est comme si l’auteur avait pris un instantané de notre réalité et avait décidé de se l’approprier. Il crée un nouveau monde, à la fois lointain et très proche du nôtre.
L’enfant nucléaire se rapproche en ce sens d’une uchronie avec le fameux « et si… », et Daph Nobody en joue d’une manière subtile. C’est ainsi que le lecteur découvre un reflet de sa propre société et de ses maux : mise à l’écart des différences, corruption morale et politique, société de consommation à outrance, mépris de l’environnement, déchéance de l’espèce humaine. C’est avec leur présence que le personnage de Jiminy prend toute son ampleur et son humanité. Ici il n’est pas question de morale ou de critique acerbe de la société, mais plutôt d’une forme d’espoir : Jiminy reste le personnage le plus humain malgré son don.
Le point fort de ce livre est sa capacité à générer des questions sur ce qui nous entoure, et dans le meilleur des cas à repenser nos comportements. Et pour cause, Daph Nobody a mis pas moins de quatorze ans à écrire et remanier L’enfant nucléaire. Une question de timing. L’actualité brûlante des années 2000 au sujet des questions environnementales et des affaires de corruption politique donne le matériau nécessaire à l’histoire de Jiminy ; en 2011 son aventure extraordinaire peut véritablement commencer !

L’enfant nucléaire est typiquement le genre d’ouvrages que l’on attend de la collection Exprim’. Prenant, percutant, réfléchi. Il constitue une bonne lecture à la fois sur le plan du divertissement, mais aussi intellectuellement.
Cependant il ne faut pas oublier que c’est un roman qui s’adresse aux jeunes adultes. Il comporte quelques passages difficiles (l’humanité n’est pas toujours belle à voir) qui pourraient gêner les plus jeunes. Si la lecture est aussi une question de maturité, par précaution je conseillerais L’enfant nucléaire aux plus de quinze ans.


Le petit plus de L’enfant nucléaire ? Les scènes supprimées du roman en bonus à la fin du livre !


« Les livres que le monde appelle immoraux sont ceux qui lui montrent sa propre ignominie. »
Oscar Wilde
p.6

***

D’autres chroniques sur L’enfant nucléaire : Romans entre deux mondes, Batifolire.

Vous pouvez suivre Daph Nobody sur Blogspot, WordPress, Blogvie, Myspace, Centerblog, Skyrock et Facebook.
La page fan de L’enfant nucléaire
Le site des Editions Sarbacane
Les Editions Sarbacane sur Facebook
La collection Exprim’ sur Facebook

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Titre : L’enfant nucléaire
Auteur : Daph Nobody
Editeur : Sarbacane (mars 2012)
Collection : Exprim’
Prix : 18 €
Format : semi-poche – 464 pages
ISBN : 978-2-84865-514-7

Star Wars est une licence mondialement connue. Tout le monde connaît Dark Vador et sa célèbre phrase « Luke, I’m your father », les Stormtroopers sont presque devenus les personnages favoris des cosplayers, et les produits dérivés se trouvent à foison.
Mais connaissez-vous vraiment Star Wars ? Petit point avec cette infographie à l’occasion du lendemain du Star Wars Day.

May the fourth be with you !



Infographie trouvée ici.

#MayThe4thBeWithYou




Au sein de la forêt, une silhouette endormie. A côté d’elle quatre poupées de chiffons – Diogène, Epictète, Esope et Socrate. C’est Eco. La petite fille rêveuse a laissé place à une jeune femme déterminée. Bien décidée à rompre la malédiction, responsable de sa métamorphose, Eco est à la recherche de la Princesse des Nuages. Cependant le chemin est rude et la forêt est peuplée de créatures plus ou moins étranges, comme la Bête sans visage. Accompagnée de ses quatre amis de tissus, Eco n’a pas encore conscience de ce qui l’attend, mais elle découvrira très vite que grandir, souffrir et rire sont presque synonymes.





Après l’amorce de sa métamorphose à la fin du tome 1, on retrouve Eco plus déterminée que jamais à y mettre fin. Son errance, ses rencontres, ses choix… c’est une belle comparaison de la vie que nous fait Guillaume Bianco. En faisant grandir son personnage, il lui donne aussi plus de caractère, il la pousse plus loin, tente des expériences et mine de rien donne une véritable consistance à Eco. Elle n’est plus cette enfant passive et peureuse, renfermée sur elle-même. Elle s’affirme de plus en plus et doit faire face à des choix difficiles. Mais c’est aussi la vie, c’est ce qu’on appelle grandir.


Après avoir abordé l’enfance avec La malédiction des Shackelbott, Guillaume Bianco se penche sur le passage à l’âge adulte dans ce deuxième opus. Il le fait avec subtilité, entremêlant citations et narration de contes. Eco est un ouvrage incroyablement poétique grâce au talent du scénariste, mais aussi grâce au trait du dessinateur, Jérémie Almanza. Chaque page ressemble à un tableau, à un instant en suspens d’un monde merveilleux que l’on s’amuse à découvrir à chaque nouvelle lecture. Jérémie Almanza met du cœur dans ses illustrations, et donne l’impression qu’Eco a été écrite pour lui, juste pour qu’il nous fasse rêver.
Les lecteurs ont du attendre un peu plus longtemps que prévu pour le tome 2, mais lorsqu’on regarde le résultat une seule chose vient à l’esprit est que ça valait le coup d’attendre. Après avoir tourné la dernière page de La bête sans visage, la curiosité reprend le dessus. Que va-t-il arriver à Eco ? Quelles nouvelles épreuves l’attendent derrière la porte du château ? Qui est la mystérieuse Princesse des Nuages ?
Il ne reste alors plus qu’à attendre le troisième opus qui clora ce triptyque initiateur en abordant le thème de la vieillesse.

Eco s’inscrit dans la traditionnelle voie du conte de fées, à côté des contes de Grimm et d’Andersen. C’est un petit bijou, dur et délicat à la fois, un de ces contes qui aident à grandir.

Vous pouvez lire les six premières planches de l’album sur le site des Editions Soleil.

La bande-annonce de Eco 2 :

Le blog de Guillaume Bianco
Le Twitter de Guillaume Bianco
Le blog de Jérémie Almanza
Le book de Jérémie Almanza

Le site des Editions Soleil
Le Facebook des Editions Soleil
Le blog de la collection Métamorphose
Le Facebook de la collection Métamorphose

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Titre : Eco, tome 2 – La bête sans visage
Scénariste : Guillaume Bianco
Dessinateur : Jérémie Almanza
Editeur : Soleil (novembre 2011)
Collection : Métamorphose
Prix : 14,95 €
Format : 257 x 187 – 80 pages
ISBN : 9782302015654


Article publié initialement sur www.mythologica.net